Le projet de gendarmerie de Sathonay-Camp se situe sur l'ancienne emprise militaire, du quartier Maréchal de Castellane.
Depuis le départ du 99eme régiment d'infanterie en 1999 le site a fait l'objet de différentes études pour sa reconversion.
C'est en 2002 que le projet d'implantation d'une gendarmerie voit le jour, pour transférer la caserne Raby (Bron)
qui ne répond plus aux exigences actuelles.
Depuis 1999 le site est déserté. Les bâtiments militaires sont laissés à l'abandon, la végétation existante est livrée à elle-même.
Aujourd'hui le site ressemble à une vaste friche, parsemée de bâtiments délabrés.
L'une des principales caractéristiques topographiques du site est le dénivellement très important qui le sépare du
Centre-Bourg. Une ligne de rupture de 7m environ de dénivelé sépare le boulevard Castellane du futur Axe Vert.
Notre site se situe à l'Ouest de cette ligne de rupture. L'assiette de notre terrain présente une pente douce et
régulière descendant vers le Nord.
Le Boulevard de l'Ouest, nouvellement réalisé par le Grand Lyon, divise le programme de la gendarmerie.
L'ensemble du projet fait l'objet de trois permis de construire sur les parcelles, Al 41 ; Al 43 et Al 45. La parcelle Al
41, d'une surface de 73 490 m2 accueillera principalement les logements. La parcelle Al 43, d'une surface de 5
051 m2 accueillera le Mess. Enfin la parcelle Al 45, d'une surface de 78 586 m2 recevra la zone dite de travail
(Ateliers, stockage, bureaux...).
Le projet de gendarmerie de Sathonay-Camp fait partie intégrante du projet urbain concernant l'aménagement de
l'ancien camp militaire. L'enjeu étant de répondre aux spécificités du programme de gendarmerie en cohérence
avec les projets du Grand Lyon et de faire oublier l'image de rupture attribuée à l'ancien camp militaire. Ainsi le
projet de gendarmerie est en continuité à la fois avec le tissu villageois ancien et l'aménagement de la ZAC
projeté par le Grand Lyon.
Le futur projet de gendarmerie est implanté sur les anciens terrains du camp militaire ; il permet à la commune de
maîtriser son développement, tout en préservant son identité de « bourg » aux portes de la ville de Lyon.
La gendarmerie s'inscrit dans cette démarche, avec la volonté réelle d'en préserver la mémoire et de magnifier ce
lieu « ouvert » et paysager qu'est le camp militaire, tout en s'inscrivant dans un présent en prise directe avec les
volontés urbaines de la commune.
Le projet est conçu comme un véritable « morceau de ville » avec des mixités dans le fonctionnement, dans les
ambiances et dans les lieux créés, tous fortement rattachés à la ville.
Le projet correspond à trois zones distinctes du programme de gendarmerie :
Le projet d'Etat Major s'inscrit dans un ensemble cohérent qui intègre toutes les fonctionnalités d'une
gendarmerie moderne et qui associe une image architecturale dynamique, valorisante et homogène pour tous les bâtiments.
Le projet s'implante dans la partie Sud du terrain, bordé par le boulevard de l'Ouest ; il fait face au gymnase et au
mess. Cet ensemble marque l'entrée du site par une architecture simple et contemporaine, créant un dialogue de
part et d'autre du boulevard avec les projets voisins. Il constitue un signal fort pour la gendarmerie.
Elle reçoit les bâtiments et les surfaces techniques, ainsi que la majorité des véhicules.
Comportant autant d'espaces construits que d'espaces techniques extérieurs, cette zone doit être composée pour
permettre une grande fluidité des flux des véhicules. En conséquence, elle laisse peu de places aux espaces libres et plantés.
Ils font partie d'un ensemble cohérent. Ils s'inscrivent dans un ensemble qui intègre
une fonctionnalité et une image architecturale en lien avec les bâtiments voisins.
Le projet est situé dans la partie Sud/Ouest du terrain, à l'extrémité de la parcelle. Notre volonté de disposer les
hébergements individuels dans un espace paysagé nous a naturellement conduit à imaginer « trois plots »,
organisés dans un « parc » où se mêlent accès piétons aux logements et séquences paysagères.
La façade Est de l'Etat Major, légèrement courbe, faisant face au Mess (PC 43) permet d'accentuer l'effet
perspectif marquant l'entrée de ville.
Le vaste espace dégagé devant l'Etat Major ajoute à la qualité du paysage ; le traitement qualitatif de la zone
d'accès permet d'identifier de manière claire et lisible, la Gendarmerie Départementale, depuis le boulevard de l'Ouest.
Le projet de l'Etat Major et de la Gendarmerie départementale se compose de deux entités de forme similaire
(bâtiment en U) mais de hauteurs différentes. Un large « auvent » établit la liaison entre elles et permet un trait de
fonctionnalité entre les différentes parties du programme.
En remontant le boulevard de l'Ouest vers le Nord, se trouve le pôle « magasins et archives », bâtiment tout en
longueur créant un front bâti continu jusqu'aux pignons des hangars existants.
Ce choix d'implantation, grâce au traitement architectural des bâtiments, permet de construire des « séquences »
animant la longueur de la façade du boulevard, de masquer les opérations techniques et d'en affaiblir les
nuisances par rapport à la zone de logements voisine (PC 41).
Ce choix d'implantation, grâce au traitement architectural des bâtiments, permet de construire des « séquences »
animant la longueur de la façade du boulevard, de masquer les opérations techniques et d'en affaiblir les
nuisances par rapport à la zone de logements voisine.
L'accès à cette partie du programme se fait par deux entrées situées au Nord et au Sud du boulevard de l'Ouest.
L'implantation des trois bâtiments d'hébergement épouse la limite Sud/Ouest (le long du boulevard des Monts
d'Or), et accompagne au Sud, la courbe amorcée par le premier bâtiment de l'Etat Major.
Chacun des trois plots répondent strictement aux trois types d'hébergement énoncés au programme. Ils s'élèvent
en R+1 ou R+2, donnant à l'ensemble une échelle humaine qui favorise l'appropriation des espaces par les occupants.
L'accès propre à cette partie du programme est situé sur la voie nouvelle (allée Paul Delorme), la plus au Sud.
Depuis cet accès part une voie qui dessert les stationnements autos, motos liés aux hébergements implantés à la
limite de la zone administrative ; ces stationnements sont adossés à une large « langue » boisée marquant la
limite entre zone de travail et zone privative.
L'Etat Major présente une architecture lisible et simple directement issue des concepts :
Les façades et les volumes présentés affichent ces volontés :
Les toitures qui constituent la cinquième façade sont toutes traitées avec soin. Des habillages en métal déployé
masquent les équipements en toiture.
L'architecture générale est soulignée par un auvent, large couverture ajourée qui marque et protège l'accès principal du site.
Dans la zone technique un traitement soigné est apporté en volumétrie en façade Est, sur le bâtiment
magasins/archives, car il marque le front bâti du boulevard de l'Ouest.
La toiture de ce bâtiment est composée de sheds translucides, diffusant la lumière de manière uniforme dans tous
les espaces de stockage. Ces sheds ponctuent les hauteurs différentes, nécessaires aux fonctionnements des
espaces intérieurs et intègrent les châssis de désenfumage nécessaires.
L'épannelage discontinu de ce bâtiment crée des « séquences pleins/vides» le long du boulevard de l'Ouest qui
répondent aux façades des bâtiments logements, de l'autre côté du boulevard. Ce jeu se retrouve dans le
traitement du muret de la clôture du site et dans la composition et l'organisation des végétaux, en pied de façade
dans le recul des dix mètres.
Les hébergements de service se décomposent en bâtiments qui sont, pour deux d'entre eux (802-803), organisés
autour de patios intérieurs à partir desquels des coursives desservent les chambres. Cette caractéristique de
fonctionnement crée un mode de vie particulier facilitant la communication et l'échange autour des lieux de vie
que sont les patios.
Le traitement minéral des patios permet une appropriation facile de l'espace et du volume suivant les besoins et les demandes de chacun.
Chaque bâtiment a une taille différente et une hauteur variable :
Chacune des chambres est desservie par une coursive donnant sur le patio.
Toutes les chambres bénéficient d'une large baie qui s'ouvre toujours sur un espace paysager ou une zone boisée.
Cette volonté affichée d'un fonctionnement autour de patios crée une architecture simple (au regard du
programme), avec un jeu de plein sur les chambres et de percées sur les circulations qui animent toutes les volumétries.
Une architecture de terrasse avec un traitement soigné de la cinquième façade, une sur-toiture qui masque les
sorties techniques, permettra de fondre les bâtiments dans le paysage.
Les entrées sont traitées par un jeu d'ouvertures biaises subtiles qui laissent apparaître les patios et les coeurs
d'îlot. Un traitement particulier des matériaux génère en façade un jeu volumétrique régulier et une opposition
entre les surfaces pleines et les surfaces vitrées des chambres (le plein en bois, le vitré dans le béton).
Une polychromie soignée souligne les éléments particuliers du programme. En coeur de patio, les « boîtes » des
escaliers et des locaux techniques participent également au jeu volumétrique recherché.
Deux matériaux sont principalement utilisés pour l'Etat Major :
• Le béton
• Le verre
Inscrits dans une conception globale, ces matériaux soulignent l'architecture de l'Etat Major et sont en parfaite
cohérence avec les matériaux utilisés par tous les programmes voisins. Plusieurs bâtiments se trouvent en covisibilité
avec l'Etat Major, accentuant cet effet d'homogénéité.
Ces matériaux sont pérennes, faciles d'entretien et qualifient bien l'architecture développée pour l'Etat Major.
Une structure en béton, une inertie thermique souple, un double vitrage faiblement émissif, des menuiseries
isolantes, des lumières des communs sur cellules, tout est conçu dans un souci de non gaspillage d'énergie.
Les toitures toutes réalisées par des terrasses sont gravillonnées. Dépourvus de faux plafond pour profiter de
l'inertie thermique de la structure béton, les locaux de grande dimension seront équipés d'accessoires
d'amortissement acoustiques pour le confort des personnels suivant nécessité.
Dans un souci d'économie d'énergie et de confort thermique, les bâtiments sont pourvus de puits canadiens
permettant de minimiser les consommations d'hiver et de ne pas recourir l'été, à la climatisation, grande consommatrice.
Dans la zone technique, à l'exception de l'armurerie et du dépôt de munitions qui seront en béton armé, le reste
des bâtiments traité système poteau poutre + charpente bois.
Il est prévu une remise à niveau et modifications des structures métalliques existantes pour les garages. Les
vêtures extérieures sont composées de bardage métallique, et les unités d'éclairements comme les sheds seront
réalisées en bardage isolant translucide.
Pour le chauffage de ces bâtiments, les aérothermes seront reliés au réseau urbain.
Les eaux pluviales alimenteront la réserve de la station de lavage, qui recyclera son eau, et ne fera appel au
réseau de ville qu'exceptionnellement.
Comme pour l'ensemble du programme, on retrouve des constantes dans les matériaux utilisés pour les
hébergements de service :
Cette correspondance avec les autres bâtiments crée une harmonie entre tous les projets. Ce sont tous des
matériaux faciles d'entretien et répondant aux exigences qualitatives demandées à un programme d'hébergement.
Isolation mixte, ruptures de pont thermique, double vitrage faiblement émissif, menuiseries isolantes, lumières des
communs sur cellules, tout est conçu dans un souci de non-gaspillage d'énergie.
Le paysage fait partie intégrante de l'architecture du pôle administratif. Il est omniprésent :
Peu de place était laissée aux espaces verts dans la zone technique.
Nous avons mis à profit le recul de dix mètres, le long du boulevard de l'Ouest, pour planter des végétaux qui
accompagnent et soulignent le front bâti depuis le bâtiment magasins/archives jusqu'aux hangars.
Les trois plots d'hébergement de service sont « accompagnés » par le paysage. Cette idée de bâtiments dans un
parc est relayée par le foisonnement de la végétation et par les cheminements paysagers qui conduisent aux
accès des bâtiments :
La conception de ces bâtiments s'intègre dans un paysage fort et une composition verte ambitieuse.
Trois activités bien distinctes se côtoient sur ce périmètre.
La volonté de placer les bureaux et les logements dans un écrin de verdure est marquée par une forte présence
d'arbres et de plates-bandes fleuries.
De par la définition des fonctions des lieux, les plantations sont structurées
par de grands alignements fonctionnels et de boisements pour sectoriser les diverses activités.
Une large bande plantée où s'alternent couvre sol, baliveau, gazon et platanes, ceinture l'ensemble de la parcelle.
Entre la zone 7 (bâtiments techniques) et la zone 6 (Etat major), un large espace paysagé distingue clairement les deux activités.
Le nombre et la qualité des végétaux de cette zone est grandement amélioré, malgré les contraintes liées à son activité.
L'espace réservé aux ateliers techniques de par sa surface et sa fonction n'est pas fortement végétalisée comme
les deux zones précédentes. Les façades sur le boulevard de l'Ouest sont accompagnées de gazon rythmé par
des massifs fleuris, le tout gardant une grande transparence. En revanche, la végétation contre le boulevard des
Mont d'Or se veut nettement plus opaque. En effet, il s'agit de couper la vue sur l'activité à caractère industrielle du site.
Le projet prévoit de replanter environ:
1 350 arbres en tiges et en cépées, arbustes et plantes grimpantes dont la palette va être enrichie de 13 différentes variétés.
Plus de 11 650 plantes vivaces, graminées et couvre sol de 17 variétés différentes
Les nouvelles essences venant compléter les essences préexistantes sur le site.
La composition végétale, sans devenir une exposition d'une collection de plantes, prend en compte :
Dans ce cadre, huit arbres seront préservés : une cépée d'érable, un pommier à fleurs, deux tilleuls, deux pins
sylvestres, un abies et un épicéa. Les mesures de protection et les conditions de travail dans un périmètre
délimité autour de ces arbres seront précisément définies et une surveillance veillera aux respects de ces
consignes pour leur sauvegarde.