Les voyageurs qui attendent sur le quai de la gare de Sathonay-Rillieux ont le regard tourné vers Lyon : la voilà ! Panache de fumée, coup de sifflet, bruit saccadé des roues sur les rails, les freins qui grincent … Pour l'époque elle a fière allure avec sa loco 030 ornée de sa haute cheminée et ses wagons verts où brillent les poignées de laiton
D'où vient-elle ? où va-t-elle? Partie de la Croix Rousse, en haut de la "ficelle" de la rue Terme; elle a traversé, à niveau, le Boulevard de la Croix Rousse puis, délaissant à sa gauche la gare charbonnière, elle est passée à Cuire, Montessuy, Caluire, le Vernay - Dans une minute, elle repartira pour Trévoux, sa gare terminale; la voie accrochée au flan ouest du plateau Dombiste, rend le parcours très pittoresque au moins jusqu'à Neuville.
Comme toutes les voies de transport, ce sont les nécessites économiques qui ont présidé à sa
naissance: relier Lyon à la Dombes et au Jura, via Bourg, puis plus tard à
Trévoux d'où une antenne pouvait conduire à Jassans et Villefranche, donc
rejoindre la grande ligne PLM.
C'est l'ingénieur Meynard inventeur du funiculaire, qui conçut
le plan d'une ligne reliant ce dernier à Sathonay. Il avait entrevu la
rentabilité de cette ligne avec les arrivées, départs en permission ou en
manœuvre des six mille militaires. Le maréchal de Castellane en compris tout de suite
l'intérêt stratégique : en 15 mn ses soldats pouvaient être au centre de Lyon.
En militaire actif, il fit entreprendre rapidement cette double voie. Les travaux
s'effectuèrent de jour comme de nuit et le 1er juillet 1863, la ligne était inaugurée à la Croix-Rousse.
Le 25 août 1866, la ligne était ouverte jusqu'à Bourg et le 28 mai 1882 jusqu'à TREVOUX.
Cette dernière ligne rencontra des difficultés technique et nécessita la construction du viaduc de Sathonay.
La longueur totale de la ligne était d'environ 26 kilomètres et nécessitait 1h
10mn pour rejoindre le terminus.
Le succès de la ligne dépassa les espérances avec 700 000 voyageurs annuels,
mais le trafic important posait des problèmes pour la traversée du Boulevard la
Croix-rousse : vingt fois par jour, un employé agitant un drapeau rouge arrêtait
la circulation sur celui-ci, créant des embouteillages spectaculaires.
Après de bons et loyaux services la ligne fut fermée aux voyageurs en décembre 1938 sur Sathonay – Trévoux et en mai 1953 sur la Croix Rousse. Actuellement, la section de Sathonay vers Trévoux est utilisée quotidiennement pour le trafic marchandise.
Tous les anciens, qu ils soient du Camp ou du Village, ont, bien sûr, la nostalgie de ces voyages animés et pittoresques; les "Villageois" ont peut être versé une larme lorsque la halte des Combes a été démolie, mais le progrès est là, qui ne nous permet que des souvenirs (souvent embellis) et, nous apporte en échange vitesse et confort; peut-on comparer la galoche au TGV ou l'éole à Concorde ?

Les ouvriers employés aux travaux de terrassement de la future voie, venaient au travail en sabots. Or la terre piochée, leur coulait dans ces sabots et sans interruption ils devaient nettoyer, nettoyer... Ce qui perdait beaucoup de temps. Les ouvriers passaient plus d'heures à retirer la terre amassée dans leurs sabots, qu'à faire le travail en lui-même. Si bien que la direction prit l'initiative de leur fournir des galoches. La tige montante et la "langue" en soufflet, une fois bien lacées ne laissaient plus entrer la terre. Par extension on appela les ouvriers et leurs travaux la galoche. La voie devint la voie de la galoche, ainsi désigné ce mot semblait s'appliquer aux convois. D'autant la lenteur du train pouvait laisser supposer qu'il marchait comme une "galoche"