LYON 17 avril 1994
LE PROGRES
Il y a, bien au-delà des courants et des modes, des peintres qui, sans cesse, recherchent les traces de l’origine de l’homme. Ces jeunes peintres contemporains se questionnent sur le passé et l’avenir des êtres humains, sur le devenir des races et l’imbrication des peuples jusqu’à la réunification universelle. Cette grande fresque de l’au-delà, communément appelée chez nous « communion des saints».
Agnan Kroichvili est indiscutablement de ceux-là. Il est de ceux qui décryptent l’histoire, de ceux qui l’écrivent et de ceux qui veulent la construire. Il est, grâce à la fragile conjonction du sentir et du savoir, celui par qui le message universel de liaison entre les peuples peut arriver, il est, par sa nationalité, « enfant déchiré » des grandes déportations, mais il est aussi dans son métier d’archéologue (c’est lui qui a découvert le fameux fossé qui, sur le chantier du Verbe Incarné attestait de la fondation de Lugdunum par Muniatius Plancus) l’un de ceux qui se passionnent pour la trace retrouvée, Il est enfin, par ses convictions propres, « celui qui croit » et qui a reçu mission de dire aux hommes, par la peinture, la grandeur du message d’amour adressé à l’humanité par un dieu tout-puissant, créateur de toute vie. C’est l’objet de ses derniers travaux (notre photo) montrés galerie Utopia, 7, rue Pierre Bérard, 42000 Saint Etienne jusqu’au 30 avril) puis, galerie Gérard Chomarat, Lyon 8e,
Ainsi naît une sorte de litanie au tableau, chez Kroichvili, comme si l’écriture systématique, qui lui est donc dictée, devenait un point de ralliement, où chacun trouvait son compte pour le salut de son âme, loin ou proche des religions, dans l’unité du même esprit.
BERNARD GOUTTENOIRE LES TOILES DU DIMANCHE